Lancement du PASDFF III : un tournant décisif pour la sécurisation foncière et forestière ainsi que la consolidation des acquis.

Le Centre d’Appui à la Gestion Durable des Forêts Tropicales a organisé                                                                                  un atelier de renforcement des capacités et d’harmonisation technique des équipes du consortium du Projet d’Appui à la Sécurisation des Droits Fonciers et Forestiers (PASDFF III). Cet atelier officiellement lancé à Kinshasa, ne constitue pas une simple habitude institutionnelle. Il marque une transition stratégique. C’est le passage d’une logique d’acquisition des droits à une logique de gestion durable, autonome et économiquement viable des forêts communautaires.

Comme rappelé lors de l’ouverture par le directeur exécutif Carmel Kifukieto dans son discours, atteindre une troisième phase n’est pas anodin. C’est le résultat d’un travail de terrain rigoureux, ayant permis de sécuriser juridiquement des centaines de milliers d’hectares de forêts au profit des communautés locales.

« Nous terminons une étape charnière : celle de l’obtention des titres et des droits sur les terres. Mais sécuriser la terre n’est que la première pierre de l’édifice. La finalité de notre combat, c’est la phase qui s’annonce : celle de la gestion durable et de l’exploitation rationnelle de ces ressources ».

Mais cette réussite pose une question plus exigeante : que faire de ces droits désormais reconnus ?

En poursuivant son allocution, le Dex a souligné ce qui suit, je cite :

« Le véritable succès de la foresterie communautaire ne se mesurera pas au nombre d’hectares légalement attribués. Le titre foncier n’est qu’un outil ; c’est l’exploitation responsable qui créera la richesse ».

De la sécurisation des terres à la création de valeur

Il est vrai que le projet entre dans sa phase la plus risquée et donc la plus révélatrice. Jusqu’ici, l’effort principal portait sur l’obtention des titres fonciers et forestiers. Désormais, l’enjeu est ailleurs : transformer ces droits en leviers de développement durable.

Il est question de voir comment les communautés arrivent elles à gérer leurs ressources de manière autonome, générer des revenus durables et préserver la biodiversité sur le long terme à en croire le directeur exécutif. Sans gouvernance solide, sans mécanismes financiers maîtrisés, sans discipline collective, les arrêtés deviennent un document sans impact réel.

Un consortium structuré autour d’un objectif commun

Le projet PASDFF III s’appuie sur un consortium d’organisations nationales reconnues à savoir GEOFIRST DEVELOPMENT, ABED, BECEAD, CADEM, CRI, CECU, CEPECO, tous coordonné par le Centre d’Appui à la Gestion Durable des Forêts Tropicales (CAGDFT), acteur clé de la gouvernance environnementale en RDC. Ce consortium regroupe plusieurs partenaires techniques et opérationnels ayant déjà démontré leur capacité à accompagner les communautés locales dans :la sécurisation foncière, la gouvernance forestière, la planification territoriale et le développement économique local.

Pour cette phase, l’objectif est de Sécuriser et faire reconnaître légalement les droits fonciers et forestiers des communautés locales et des peuples autochtones pygmées dans différentes provinces de la RDC ; Promouvoir la gestion durable des forêts, en renforçant les capacités locales pour une exploitation responsable et bénéfique aux communautés elles-mêmes ; Réduire la pauvreté des populations dépendantes des forêts, notamment par l’autonomisation économique et sociale des acteurs communautaires ; Influencer les politiques publiques et les cadres juridiques nationaux pour mieux intégrer les droits des communautés locales et des peuples autochtones pygmées, y compris des femmes.

Un atelier conçu comme un levier stratégique

« Pour réussir ce virage technique, nous devons faire encore mieux. Nous devons élever nos standards. Cet atelier a été conçu précisément pour préparer cette transition : vous doter de compétences pointues en gouvernance locale, en plans de gestion simple et en mécanismes de transparence » a fait savoir le Dex de CAGDFT, Carmel Kifukieto.

A cet effet, cette formation est un dispositif de mise à niveau technique visant à harmoniser les pratiques et à corriger les faiblesses observées lors des phases précédentes. Son objectif est clair : rendre les équipes capables d’assurer une mise en œuvre cohérente, rigoureuse et orientée vers l’impact.

Durant 5 jours, cette rencontre a abordé les matières suivantes : Gouvernance locale et approches participatives (La première étape s’attaque à un point critique : la qualité de la gouvernance. Les participants travaillent sur les approches participatives, le Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP), les mécanismes de gouvernance des concessions forestières, et les outils d’animation communautaire) La formation insiste notamment sur le rôle des organes de gestion, la redevabilité, l’intégration des femmes, et la participation effective des peuples autochtones. En ce qui concerne l’inclusion et l’équilibre des pouvoirs (l’intégration des femmes dans les organes de décision, de la participation des peuples autochtones pygmées, des dynamiques de pouvoir au sein des communautés). Le Financement direct communautaire : Le projet introduit un mécanisme de financement direct des communautés, avec des exigences fortes en matière de transparence, redevabilité, contrôle interne et gestion financière. Mise en œuvre des Plans Simples de Gestion (PSG), Prévention et gestion des conflits (les conflits fonciers, les tensions coutumières, les rivalités internes, et les blocages institutionnels) Suivi-évaluation et culture du résultat.

« je vous demande d’aborder chaque session avec ambition. Osez questionner les pratiques actuelles. Mettez à profit ces cinq journées d’apprentissage pour partager vos réalités du terrain et co-créer les solutions de demain. C’est en renforçant notre expertise collective que nous ferons de la foresterie communautaire un modèle viable et pérenne » a conclu Carmel Kifukieto dans son exposé.

Des résultats solides

Rappelons que les deux premières phases du projet ont permis de sécuriser 480 834,7 hectares de forêts communautaires, soit 96,17 % de l’objectif initial de 500 000 hectares, au profit de 25 concessions forestières communautaires (CFCL) réparties dans 6 provinces. Ceci grâce à l’appui financier de Tenure Facility (TF)

A savoir, au moins 63 749,8 hectares (22,6 %) dédiés à la conservation, 25 Plans Simples de Gestion (PSG) élaborés, 78 acteurs locaux formés à la gouvernance, 714 femmes accompagnées dans des activités génératrices de revenus, 32 % de participation féminine dans les instances locales.

0 réponse

  1. Moi en tant que Gestionnaire des ressources naturelle renouvelables, « c’est la forêt qui m’interesse » je salut le projet PASDFF pour le grand travail qu’ils font en commençant de la première phase du projet jusqu’à la phase actuelle et très surtout l’encadrement de la population dans la gestion durable de nos forêts communautaires.

    Nos forêts méritent aujourd’hui des véritable plans d’encadrements de ses utilisations pour palier au grand problème de changement climatique et la préservation pour la génération futur.

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